Le barème voté par Bordeaux Métropole, l'additionnelle régionale de 34 % que personne n'annonce, la compensation depuis 2018 et le plafond de 90 jours.
·10 min
Le tarif que Bordeaux Métropole a voté n'est pas celui que votre voyageur paie. Entre les deux il y a 44 % d'écart, répartis sur deux lignes que la délibération ne mentionne même pas. Voici le calcul complet, puis les règles qui décident si vous avez le droit de louer.
Bordeaux Métropole perçoit la taxe pour l'ensemble de ses communes. La délibération en vigueur a été votée le 06/06/2025.
Barème voté, Bordeaux Métropole
Palace
4,90 €
5 étoiles
3,60 €
4 étoiles
2,60 €
3 étoiles
1,70 €
2 étoiles
1,00 €
1 étoile
0,80 €
Tarif par personne et par nuitée, hors taxes additionnelles. Les campings suivent une grille séparée, à 0,60 € pour 3 à 5 étoiles et 0,20 € pour 1 et 2 étoiles.
Un meublé non classé ne figure dans aucune de ces lignes. Il relève du tarif proportionnel : 5 % du coût de la nuitée par personne, dans la limite du tarif le plus élevé appliqué aux hébergements classés. La taxe suit donc votre prix. Un studio à 60 € la nuit pour deux personnes produit 1,50 € de taxe par personne ; le même studio à 140 € en pleine saison plafonne.
Bordeaux Métropole fixe aussi un montant minimum de loyer en dessous duquel la taxe n'est pas due : 30,00 € la nuitée, 116,00 € à la semaine, 346,00 € au mois. C'est un seuil élevé comparé à d'autres agglomérations. Il change le calcul sur les séjours longs à petit prix. Il ne figure sur aucun comparatif.
#L'additionnelle régionale de 34 %, la ligne qui surprend
Deux majorations s'ajoutent au barème. Aucune n'est décidée par la Métropole.
Ligne
Taux
Bénéficiaire
Part principale
barème ci-dessus
Bordeaux Métropole
Additionnelle départementale
10 %
Le département de la Gironde
Additionnelle régionale
34 %
La Société du Grand Projet du Sud-Ouest
La seconde est en vigueur depuis le 2024-01-01. Elle finance la ligne ferroviaire nouvelle. Cumulées, les deux portent le montant final à 1,44 fois le tarif voté : une nuitée en meublé 3 étoiles passe de 1,70 € à 2,45 € par personne.
Cette majoration est la raison pour laquelle un hôte bordelais qui recopie un barème trouvé sur un blog se trompe d'un tiers. Le cadre national explique d'où viennent ces cinq additionnelles régionales et pourquoi trois régions seulement en portent une.
Hors résidence principale, la question n'est plus le tarif. Depuis le 1er mars 2018, transformer un logement bordelais en hébergement touristique exige une autorisation de changement d'usage avec compensation. En son absence, la Ville écrit que la location touristique est interdite.
Créer un logement de même superficie
La compensation consiste à créer un logement supplémentaire de même superficie que celui que vous sortez du parc. Il doit provenir d'un local qui n'est pas un logement aujourd'hui : un bureau, un commerce.
Dans le même secteur
Le logement de compensation doit se situer dans le même secteur que le vôtre. Vous ne pouvez pas compenser un appartement de l'hypercentre par un local en périphérie.
Hors rez-de-chaussée
Une condition que Bordeaux ajoute et que peu de villes reprennent : le logement créé en compensation ne peut pas être en rez-de-chaussée. Elle réduit sensiblement le stock de locaux éligibles.
Sous le plafond de 90 jours par an, la résidence principale échappe à cette procédure. Le numéro d'enregistrement reste obligatoire, sur chaque annonce ainsi que dans les contrats de location. Toute modification de la déclaration en fait naître un nouveau.
#La chambre chez soi, l'exception que personne ne cite
C'est le point le plus utile de la doctrine bordelaise. Il n'apparaît dans aucun comparatif. La Ville écrit qu'à Bordeaux, louer une chambre dans son logement principal se fait sans numéro d'enregistrement, sous aucune limite de durée. Le plafond de 90 jours vise la location du logement entier.
La chambre d'hôte relève encore d'un autre régime : elle doit se trouver dans la résidence principale, la capacité est bornée à quinze personnes, cinq chambres au maximum, avec petit déjeuner fourni.
Un barème majoré de 44 % produit une question voyageur récurrente. Elle arrive tard.
Julien P.AirbnbArrivée demainHybride
Bonsoir, la taxe de séjour prélevée me semble plus élevée que ce qui est annoncé sur le site de la ville. Vous pouvez vérifier ?21:38
Bonsoir Julien. Le tarif publié est la part principale. Deux taxes additionnelles s'y ajoutent, 10 % pour le département puis 34 % pour la ligne ferroviaire nouvelle. Le montant prélevé correspond bien au barème de Bordeaux Métropole, additionnelles comprises.21:39
Le voyageur compare le montant prélevé à un chiffre lu ailleurs. La réponse tient à deux nombres communaux.
Et une obligation que beaucoup d'hôtes découvrent en recevant une relance : même lorsque la plateforme collecte la taxe pour vous, la déclaration reste à votre charge sur le portail de Bordeaux Métropole. La collecte et la déclaration sont deux gestes différents.
Le reste est de l'exploitation ordinaire. Ces deux chiffres, le barème applicable au logement puis le montant minimum de loyer, méritent de vivre dans la base de connaissances du logement plutôt que dans votre mémoire. C'est ce qui permet à une réponse de partir en une minute à 21 h 38.
Le détail bordelais, ligne par ligne
Qui perçoit et depuis quelle délibération
La taxe est instituée par Bordeaux Métropole, pas par la Ville de Bordeaux. Elle vaut donc sur l'ensemble des communes membres. La délibération applicable a été votée le 06/06/2025 pour une période de perception qui court du 1er janvier au 31 décembre. Une délibération doit être prise avant le 1er juillet pour s'appliquer à compter du 1er janvier suivant, ce qui donne le rythme des révisions.
Le barème complet, campings compris
Palace 4,90 €, hôtels et résidences et meublés 5 étoiles 3,60 €, 4 étoiles 2,60 €, 3 étoiles 1,70 €, 2 étoiles 1,00 €, 1 étoile 0,80 €. Les campings 3 à 5 étoiles sont à 0,60 € par tranche de vingt-quatre heures, les campings 1 et 2 étoiles ainsi que les ports de plaisance à 0,20 €. Ces montants s'entendent par personne et par nuitée, hors additionnelles.
Le tarif proportionnel des non classés et son plafond
5 % du coût de la nuitée par personne. Le plafond légal est le tarif le plus élevé appliqué aux hébergements classés de la collectivité, ce qui borne mécaniquement la taxe même sur une nuitée très chère. Le taux national admissible va de 1 % à 5 % : Bordeaux Métropole a retenu le maximum, ce que la majorité des grandes agglomérations fait aussi.
Se faire classer change la nature du calcul
Un classement en étoiles fige le montant par personne et par nuitée. Sans classement, la taxe suit le prix. Le calcul bascule donc en faveur du classement au-dessus d'un certain prix de nuitée, contre le non classé en dessous. C'est un arbitrage chiffrable logement par logement, avec vos propres prix moyens de haute et de basse saison.
Le montant minimum de loyer, un seuil rare
30,00 € la nuitée, 116,00 € à la semaine, 346,00 € au mois. En dessous, la taxe n'est pas due. Beaucoup de collectivités laissent ces trois champs à zéro : Bordeaux Métropole ne le fait pas. Le seuil de 30 € la nuitée est atteint par une part réelle des annonces en chambre partagée ou en très petite surface hors saison.
Les deux additionnelles et leurs bénéficiaires
L'additionnelle départementale de 10 % relève de l'article L.3333-1 du code général des collectivités territoriales. L'additionnelle régionale de 34 % bénéficie à la Société du Grand Projet du Sud-Ouest, l'un des trois établissements publics de transport financés par ce mécanisme. Elle s'applique depuis le 2024-01-01. Une déclaration doit distinguer le produit de la part principale de celui des additionnelles.
Le plafond de 90 jours et ce qu'il vise
La résidence principale se loue jusqu'à 90 jours par an, contre 120 au maximum national. La résidence principale est le logement occupé au moins huit mois par an. Au-delà du plafond, la location bascule dans le régime du changement d'usage, avec la compensation qui va avec. L'amende civile encourue pour dépassement atteint 10 000 €.
La compensation et sa condition la plus contraignante
Créer un logement supplémentaire de même superficie, dans le même secteur, hors rez-de-chaussée, depuis un local qui n'est pas un logement. La condition de rez-de-chaussée est la plus restrictive des trois : elle exclut d'emblée la majorité des locaux commerciaux disponibles, qui sont précisément en pied d'immeuble. C'est ce qui explique le faible nombre d'autorisations délivrées.
Louer une chambre chez soi, le régime à part
La Ville écrit qu'à Bordeaux, la location d'une chambre dans son logement principal ne demande pas de numéro d'enregistrement, sans limite de durée. C'est l'inverse de la location du logement entier. La différence tient à la présence de l'occupant : le logement ne quitte pas le parc résidentiel, donc rien ne justifie de le contingenter.
La chambre d'hôte n'est pas un meublé de tourisme
Elle doit se situer dans la résidence principale du propriétaire, accueillir au maximum quinze personnes, comporter cinq chambres au plus, avec un petit déjeuner fourni aux locataires. Ces quatre conditions sont cumulatives. Franchir l'une d'elles fait basculer l'activité dans un autre régime, avec d'autres obligations et une autre fiscalité.
Déclarer même quand la plateforme collecte
La taxe est prélevée par la plateforme auprès du voyageur, puis reversée. La déclaration, elle, reste due par le propriétaire sur le portail de Bordeaux Métropole. Confondre les deux gestes est la première cause de relance. Une déclaration à zéro est une déclaration valable, mais l'absence de déclaration ne l'est pas.
Le numéro d'enregistrement se renouvelle
Il est obligatoire sur toutes les annonces, quel que soit le support, site, pancarte ou annonce presse, ainsi que dans les contrats de location. Point que peu d'hôtes anticipent : en cas de modification de la déclaration, un nouveau numéro doit être demandé. Un ancien numéro laissé sur une annonce est une infraction, même de bonne foi.
Le classement en étoiles reste facultatif
Il n'est jamais obligatoire. Il certifie la qualité auprès du voyageur, il fige le tarif de taxe de séjour, il ouvre certains régimes fiscaux. Le décider revient à comparer le coût de la visite de classement à l'écart de taxe sur votre volume annuel de nuitées, plus l'effet commercial, qui est réel mais plus difficile à chiffrer.
Ce qui reste à vérifier chaque année
Le barème est revalorisé chaque année selon l'inflation. La délibération peut être reprise avant le 1er juillet. Les deux dates à surveiller sont donc juillet, pour connaître le barème de l'année suivante, puis janvier, pour l'appliquer. Un barème recopié une fois et jamais relu devient faux au premier vote.
Questions fréquentes
Quel est le tarif de la taxe de séjour pour un meublé non classé à Bordeaux ?
Bordeaux Métropole applique le tarif proportionnel de 5 % du coût de la nuitée par personne, dans la limite du tarif le plus élevé du barème classé. S'y ajoutent l'additionnelle départementale de 10 % et l'additionnelle régionale de 34 %, soit un montant final majoré de 44 %.
Combien de jours peut-on louer sa résidence principale à Bordeaux ?
90 jours par an. La Ville de Bordeaux a retenu le plafond bas ouvert aux communes, là où le maximum national est de 120. Aucune autorisation de changement d'usage n'est requise sous ce plafond, mais le numéro d'enregistrement reste obligatoire sur chaque annonce.
Faut-il un numéro d'enregistrement pour louer une chambre chez soi à Bordeaux ?
Non. La Ville indique qu'il est possible de louer une chambre dans son logement principal sans numéro d'enregistrement, sans limite de durée non plus. C'est une différence nette avec la location du logement entier, qui exige le numéro et reste bornée à 90 jours par an.
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