Réglementation locale

Taxe de séjour à Toulouse : le barème et les 44 %

Le barème voté par Toulouse Métropole, les deux taxes additionnelles qui le majorent de 44 %, puis les deux autorisations avant la compensation.

12 min

Le tarif que Toulouse Métropole a voté n'est pas celui que votre voyageur paie. Deux lignes s'y ajoutent, elles ne figurent nulle part sur la délibération, elles pèsent 44 %.

  1. Le barèmeLe tarif voté, puis les deux majorations
  2. Deux logementsLe seuil qui bascule tout un projet
  3. Boîte à clésQuinze jours avant l'enlèvement

Le barème de Toulouse Métropole et les 44 % qu'on ne voit pas

La taxe est perçue par Toulouse Métropole, au réel, du 1er janvier au 31 décembre. La délibération en vigueur date du 22/06/2023.

CatégorieTarif voté par personne et par nuitée
Palace4,60 €
5 étoiles3,30 €
4 étoiles2,50 €
3 étoiles1,60 €
2 étoiles1,00 €
1 étoile, chambres d'hôtes, auberges collectives0,80 €
Campings 3 à 5 étoiles0,60 €
Campings 1 et 2 étoiles, ports de plaisance0,20 €
Non classé5,00 % du coût de la nuitée par personne

Ce tableau n'est que la moitié du calcul. La fiche officielle porte quatre lignes de taxes additionnelles. Deux sont à oui : la départementale de 10 %, prévue par l'article L.3333-1 du code général des collectivités territoriales, puis une régionale de 34 % instituée par la loi de finances pour 2023. Cette dernière alimente la Société du Grand Projet du Sud-Ouest, l'établissement public chargé de la ligne nouvelle Bordeaux Toulouse.

Ce qu'un meublé 4 étoiles facture à Toulouse

Tarif voté
2,50 €
Additionnelle départementale
0,25 €
Additionnelle régionale
0,85 €

Le voyageur paie 3,60 € par personne et par nuitée, pas 2,50 €. L'écart de 1,10 € ne se lit sur aucune délibération municipale : il vient d'un département puis d'une région.

1 catégorie, tarif voté 2,50 € majoré de 2 additionnelles sur les 4 possibles ·

Pour un meublé non classé, le cas de la quasi-totalité des annonces de courte durée, le tarif est proportionnel. L'article L.2333-30 du même code borne ce taux entre 1 % et 5 % du coût par personne de la nuitée, dans la limite du tarif le plus élevé adopté par la collectivité. Toulouse a retenu le haut de la fourchette, 5 %, plafonné à 4,60 €. Sur une nuitée à 90 € occupée par deux personnes, la base est de 45 € par personne, la taxe principale de 2,25 €, puis 3,24 € additionnelles comprises. Pour deux voyageurs, 6,48 € la nuit.

Toulouse a fixé à 0,00 € le montant minimum de loyer prévu au 4° de l'article L.2333-31. Cette quatrième exonération, celle des personnes occupant un local dont le loyer est inférieur à un seuil voté, est donc inapplicable ici : aucun loyer ne descend sous zéro. Trois exonérations restent, les mineurs, les saisonniers employés dans la commune puis les personnes en hébergement d'urgence.

Deux logements sans compenser, le troisième change tout

Le règlement en vigueur depuis le 01/11/2023 ne couvre que la ville de Toulouse, pas la métropole entière. C'est la seule commune du territoire soumise à l'obligation d'encadrer les changements d'usage.

Une personne physique obtient une autorisation temporaire par logement, valable deux ans, renouvelable. Le plafond est de deux logements, en plus de la résidence principale. L'autorisation est personnelle, incessible, non transférable vers un autre bien du même propriétaire : vendre le logement ne transmet rien.

Au-delà de ces deux autorisations, toute demande passe en régime de compensation, quelle que soit l'adresse. Une personne morale, société civile immobilière comprise, y passe dès le premier logement.

Personne physique

Deux autorisations temporaires de deux ans, sans compensation. La troisième bascule en compensation.

Le régime ordinaire

Personne morale

Compensation dès le premier logement. Créer une société pour porter un troisième bien ne contourne rien : cela avance l'échéance.

Aucun palier

La résidence principale reste louable 120 jours par an sans autorisation. La Mairie écrit qu'aucune dérogation ne peut être accordée. Au-delà, le logement n'est plus occupé huit mois dans l'année, donc il cesse d'être une résidence principale au sens du règlement. Un second logement complètement indépendant à la même adresse relève du régime des résidences secondaires.

Le délai d'instruction est de deux mois maximum à compter du dossier complet. Le silence de l'administration vaut accord tacite, sauf dossier incomplet.

Trois zones de compensation, un marché de titres

Compenser signifie transformer en habitation, dans le même temps, un local qui avait un autre usage au 1er janvier 1970 ou dont une autorisation d'urbanisme a changé la destination depuis. Le local de compensation doit être d'une surface au moins égale, de qualité comparable, dans la même zone.

Toulouse en compte trois : le centre-ville, les faubourgs puis le reste du territoire toulousain.

  1. Déposer la demande de changement de destination auprès de la direction de l'urbanisme, pour le local qui deviendra du logement.
  2. Déposer simultanément la demande de changement d'usage auprès de la mission dédiée, pour le logement qui deviendra meublé de tourisme.
  3. Réaliser les travaux. L'autorisation n'est délivrée qu'une fois les deux locaux visités par les services.

La seconde voie ne demande aucun chantier. Un propriétaire qui transforme un local d'activité en logement peut céder des titres de commercialité à un autre propriétaire soumis à compensation. La Mairie décrit un marché privé, aux prix libres, où interviennent des sociétés spécialisées puis des notaires. L'acte peut être rédigé sous seing privé. C'est le mécanisme que Lille a retenu lui aussi, dans un régime pourtant bien plus fermé.

Une autorisation obtenue contre compensation devient réelle : définitive, attachée au local, cessible avec lui. Le logement qui a servi de compensation ne pourra plus jamais servir une deuxième fois.

Dernier détail qui compte pour un investisseur : transformer un local commercial en meublé de tourisme se fait sans compensation sur toute la ville. L'autorisation devient caduque si la mise en location n'intervient pas dans les trois ans.

L'autocollant rouge sur votre boîte à clés

Voici la règle toulousaine qu'aucun comparatif ne mentionne. Elle touche l'arrivée de chaque voyageur.

La pose d'un boîtier à clés sur un lampadaire, une barrière de trottoir ou un arceau de protection constitue une occupation illicite du domaine public au sens de l'article L.2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques. À Toulouse, elle n'est pas autorisée. Les boîtiers repérés reçoivent un autocollant rouge portant la date du constat. Le propriétaire dispose de quinze jours pour le retirer. Passé ce délai, les services de la Mairie l'enlèvent. Le boîtier reste trois mois au service des objets trouvés avant destruction.

Sur une clôture ou un portail en propriété privée, aucune interdiction particulière. Dans les parties communes d'une copropriété, façade et portail compris, l'accord de l'assemblée des copropriétaires est requis, sauf mention déjà inscrite au règlement. Le choix entre boîte à clés et serrure connectée se pose donc ici avec une contrainte de plus.

Ce que ces règles coûtent en messages

Un dispositif qui change l'accès au logement produit toujours la même question, au pire moment.

Karim B.AirbnbArrivée ce soirAutopilote
Bonsoir, je suis devant le 12. Je ne trouve pas la boîte à clés sur le poteau, il y a juste un autocollant rouge.21:47
Bonsoir Karim. La boîte a été déplacée dans le hall, à droite de la porte vitrée, au niveau des boîtes aux lettres. Le code reste le même. Le portail extérieur s'ouvre avec le bouton sous l'interphone.21:49
Le voyageur est devant la porte. Une réponse en dix minutes vaut mieux qu'une réponse parfaite en une heure.

Cette réponse suppose une information écrite quelque part : où la boîte a été redéplacée, avec quel repère visuel. Un livret d'accueil tenu à jour évite de chercher un plan de hall à 21 h 47. La question revient à chaque voyageur tant que l'ancienne photo circule sur l'annonce.

Reste le sujet fiscal, qui ne se joue pas dans la messagerie mais se manque tout aussi facilement. Les hébergeurs comme les plateformes doivent distinguer, dans leur déclaration à la collectivité, le produit de la taxe principale de celui des taxes additionnelles. À Toulouse, cela veut dire trois lignes au lieu d'une.

Le règlement toulousain, en détail
Une seule commune sur trente-sept
Le règlement applicable depuis le 01/11/2023 ne vise que la ville de Toulouse. Les autres communes de Toulouse Métropole ne sont pas soumises à l'obligation d'encadrer les changements d'usage. Vérifier la commune exacte du bien est donc le premier geste. Il tranche souvent : un logement à Blagnac ou à Balma ne relève pas du même régime que le même logement rue du Taur.
Trois délibérations, pas une
Le dispositif s'est construit par étapes, avec les délibérations du conseil métropolitain des 20/10/2022, 16/02/2023 puis 12/10/2023. La première a créé les périmètres de compensation, les suivantes ont ajusté le règlement avant son entrée en vigueur. Une recherche qui s'arrête à la première rate deux ajustements.
Deux autorisations, pas une de plus
Le plafond de deux logements vise le propriétaire personne physique, en plus de sa résidence principale. Chaque autorisation est attachée à un logement précis : elle ne suit pas le propriétaire s'il vend puis rachète ailleurs. La troisième demande bascule en compensation quelle que soit la zone.
Les personnes morales n'ont aucun palier
Une société civile immobilière, une société anonyme ou toute autre personne morale compense dès le premier logement. C'était l'objet explicite de la délibération de 2022 : intégrer au dispositif les structures qui échappaient au régime des autorisations temporaires personnelles.
Deux ans, renouvelable, avec un préavis
L'autorisation temporaire vaut deux ans. La demande de renouvellement doit être adressée deux mois avant l'échéance. Un oubli ne se rattrape pas par une régularisation : il faut redéposer une demande, avec le risque qu'entre-temps la situation du demandeur ait changé de catégorie.
Le local de compensation, à surface égale et dans la même zone
Centre-ville, faubourgs, reste du territoire toulousain : trois zones. La compensation reste dans la sienne. Le local proposé doit être d'une surface au moins égale et de qualité comparable. Un logement créé en compensation ne peut plus servir une seconde fois, ce qui raréfie mécaniquement le gisement au fil des opérations.
Les titres de commercialité, un marché sans tarif public
Un propriétaire qui transforme un commerce en logement peut céder ses titres à qui doit compenser. La Mairie précise que les prix sont libres et fixés entre les deux parties, que des sociétés spécialisées existent puis que les notaires connaissent parfois l'offre. Aucun barème n'est publié : le coût de la compensation n'est donc pas prévisible à l'avance.
Le local commercial, la porte la plus large
Transformer un local commercial en meublé de tourisme se fait sans compensation sur l'ensemble du territoire de la ville. C'est la seule voie qui ne consomme aucun logement, donc la seule que le règlement n'oppose à personne. Le piège est la caducité : sans mise en location dans les trois ans suivant la délivrance, l'autorisation tombe.
Deux mois d'instruction, accord tacite au-delà
Le délai court à compter du dépôt d'un dossier complet. L'absence de réponse dans ces deux mois vaut accord tacite, sauf dossier incomplet. La réserve fait tout le travail : une pièce manquante ne fait pas courir le délai, si bien qu'un dossier peut rester sans réponse pendant des mois sans qu'aucun accord tacite ne naisse.
Quatre-vingt-dix jours consécutifs pour un même client
Au-delà, la location ne relève plus du meublé de tourisme mais du champ de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet. La limite est distincte des 120 jours annuels de la résidence principale : l'une porte sur un séjour, l'autre sur une année. Les confondre expose à requalifier un bail.
Les sanctions, graduées par nature d'infraction
Jusqu'à 5 000 € pour un numéro d'enregistrement absent, 10 000 € pour un dépassement des 120 jours en résidence principale, 25 000 € sur un local commercial, 50 000 € sur un local d'habitation puis 80 000 € en cas de fausse déclaration. L'échelle rend le numéro d'enregistrement dix fois moins coûteux à négliger que le changement d'usage lui-même.
La copropriété peut interdire ce que la Mairie autorise
Les autorisations sont délivrées sous réserve du droit des tiers. Un règlement de copropriété à usage d'habitation exclusivement bourgeoise interdit toute activité, libérale comprise. Le syndicat des copropriétaires peut agir en justice sur le fondement de l'article 15 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, puis chaque copropriétaire peut poursuivre pour trouble de jouissance.
La réglementation des établissements recevant du public
Un meublé de tourisme peut basculer dans le régime des établissements recevant du public au-delà de quinze personnes adultes ou de six enfants non accompagnés. Accessibilité depuis le domaine public et sécurité incendie deviennent alors opposables, y compris pour des aménagements sans permis de construire. C'est un sujet distinct du changement d'usage, instruit par un autre service.
Le numéro d'enregistrement et ses treize caractères
Cinq chiffres pour le code officiel géographique de la commune, six pour un identifiant unique attribué par la commune, deux caractères alphanumériques de contrôle. Il doit figurer sur l'annonce dès le premier jour de mise en location, sur tout support. La déclaration en ligne ne vaut jamais autorisation de changement d'usage : ce sont deux guichets, deux décisions.

Questions fréquentes

Quel est le montant de la taxe de séjour à Toulouse ?

Le tarif voté par Toulouse Métropole va de 0,20 € en camping 1 étoile à 4,60 € en palace, avec 2,50 € pour un meublé 4 étoiles. Ce tarif est ensuite majoré de 44 % par deux taxes additionnelles, la départementale de 10 % puis la régionale de 34 %. Un meublé 4 étoiles facture donc 3,60 € par personne et par nuitée.

Combien de meublés de tourisme peut-on louer à Toulouse sans compenser ?

Deux, à condition d'être une personne physique. Chaque logement reçoit une autorisation temporaire de deux ans, personnelle et non transférable vers un autre bien. À partir du troisième logement, la compensation devient obligatoire. Une personne morale, société civile immobilière comprise, compense dès le premier logement.

Peut-on installer une boîte à clés sur un lampadaire à Toulouse ?

Non. La Mairie considère la pose d'un boîtier sur du mobilier urbain comme une occupation illicite du domaine public. Les boîtiers repérés reçoivent un autocollant rouge portant la date du constat. Le propriétaire a quinze jours pour le retirer, faute de quoi les services l'enlèvent.

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