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Location courte durée en France : le cadre réel

La loi pose un socle, la commune décide du reste. Les quatre réglages que votre mairie tient vraiment, puis ce qu'ils changent pour un hôte.

13 min

Il existe une réglementation nationale de la location courte durée. Elle tient en quelques articles, elle est stable, elle ne répond presque à aucune des questions que se pose un hôte. Le reste appartient à la commune. C'est là que tout se joue.

  1. Le socleCe qui est vrai partout, du Finistère aux Alpes
  2. Les quatre réglagesCe que votre mairie décide seule, jusqu'où elle va
  3. Côté messagerieLes questions voyageur que la réglementation fabrique

Le socle national, ce qui ne bouge pas

Quatre choses valent sur tout le territoire.

La résidence principale se loue sous plafond. Le logement doit être occupé au moins huit mois par an. La location en meublé de tourisme est bornée à un nombre de jours par année civile, entre 90 et 120 selon la commune. Un même client ne peut pas occuper le logement plus de 90 jours consécutifs.

Le numéro d'enregistrement est déclaratif. Là où la commune l'exige, la déclaration en ligne rend un identifiant de treize caractères, immédiatement. Il doit figurer sur chaque annonce. L'obtenir ne vaut aucune autorisation.

Les sanctions sont civiles et lourdes. Dépasser le plafond de jours expose à une amende civile de 10 000 €. Ne pas déclarer là où la déclaration est obligatoire expose à 5 000 €. Louer sans autorisation de changement d'usage relève d'un autre régime, communal, dont les montants montent beaucoup plus haut.

Le contrôle se centralise. L'ouverture du téléservice national des meublés de tourisme est annoncée pour le quatrième trimestre 2026. Les données de location, numéro d'enregistrement et nombre de jours loués compris, y remonteront automatiquement. Jusque-là, l'enregistrement communal reste la seule voie.

Le plafond de jours n'est pas un chiffre national unique. Depuis la loi n° 2024-1039, une commune peut l'abaisser de 120 à 90 par délibération. Plusieurs grandes villes l'ont fait. Un article qui vous annonce 120 jours sans nommer votre commune vous donne un chiffre faux une fois sur deux.

Les quatre réglages que la commune tient

Tout le reste est local. Quatre leviers, quatre décisions prises par des assemblées différentes, parfois le même mois.

RéglageQui décideCe que ça change
Barème de taxe de séjourLa collectivité qui perçoit, souvent l'intercommunalitéLe montant par personne et par nuitée, sous un plafond national
Taxes additionnellesLe département, la région, le législateurUn multiplicateur appliqué au barème, de 1 à plus de 3
Plafond de nuitées en résidence principaleLe conseil municipal120 jours par défaut, 90 après délibération
Changement d'usage, compensation, quotaLe conseil municipal ou communautaireLa possibilité même de louer hors résidence principale

Les deux premiers déterminent ce que le voyageur paie. Les deux derniers déterminent si vous avez le droit de louer. Aucun des quatre ne figure dans le guide des messages automatiques : ce sont des décisions locales, pas des réglages de plateforme.

La taxe de séjour, deux chiffres et non un seul

Le barème voté ne dit pas ce qui sera facturé. S'y ajoutent des taxes additionnelles qui ne relèvent pas de la commune : une additionnelle départementale de 10 %, une additionnelle régionale de 34 % instituée par la loi de finances pour 2023. En Île-de-France s'ajoutent deux autres additionnelles, de 15 % et de 200 %.

Additionnelles cumulées, huit communes

Paris
225 %
Bordeaux
44 %
Marseille
44 %
Biarritz
44 %
Nice
34 %
Lyon
10 %
La Rochelle
10 %
Annecy
0 %

Somme des taxes additionnelles marquées « OUI » sur la fiche de chaque commune. Le barème de base est plafonné par la loi, donc resserré : c'est cette colonne qui creuse l'écart. Une nuitée en palace facturée 4,90 € de taxe à Annecy en fait 15,93 € à Paris.

8 communes relevées au portail des délibérations, une fiche par commune ·

Le tarif des hébergements non classés obéit à une autre logique : un pourcentage du coût de la nuitée par personne, plafonné. La plupart des communes votent 5 %, certaines moins. Un meublé de tourisme sans étoile paie donc une taxe qui suit son prix, ce qui change tout en haute saison.

Le changement d'usage, la vraie barrière

Hors résidence principale, la question n'est plus fiscale. Dans les communes qui l'ont institué, louer suppose une autorisation de changement d'usage, qui se refuse. Trois formes existent, souvent combinées.

  1. La compensation

    Transformer en logement un local qui n'en est pas un, bureau ou commerce, de surface équivalente, dans un périmètre défini. C'est la forme la plus exigeante. Elle se traduit souvent par l'achat de droits dits de commercialité auprès d'un tiers, ce qui a un prix de marché.

  2. L'autorisation temporaire

    Une autorisation à durée limitée, un an, deux ans, quatre ans ou neuf ans selon les villes, parfois non reconductible. Elle dispense de compensation mais transforme votre exploitation en horizon court, ce qu'un plan de financement n'aime pas.

  3. Le quota

    Un nombre maximal d'autorisations sur la commune ou sur un secteur, parfois un nombre maximal par propriétaire. Quand le quota est atteint, la réponse est un refus, suivi d'une liste d'attente. C'est le levier le plus récent, aussi le plus contesté devant les tribunaux.

Un point de vigilance qui revient partout : le diagnostic de performance énergétique. Plusieurs règlements exigent désormais une étiquette comprise entre A et E au dépôt de la demande. Une passoire thermique n'est plus seulement difficile à louer à l'année, elle devient inéligible au meublé de tourisme.

Ce que le cadre local change pour votre messagerie

C'est la partie que personne n'écrit. C'est celle qui vous coûte des heures.

Un cadre réglementaire dense fabrique des questions voyageur. La taxe de séjour en produit deux : pourquoi ce montant, puis pourquoi il n'était pas dans le prix affiché. Le numéro d'enregistrement en produit une, généralement de la part d'un voyageur méfiant. Une autorisation temporaire en produit une quatrième, la plus délicate, quand un voyageur demande à réserver pour des dates postérieures à son expiration.

Claire M.AirbnbArrivée dans 3 joursHybride
Bonsoir, on m'annonce 18,60 € de taxe de séjour à l'arrivée, c'est normal ? La réservation disait autre chose.22:14
Bonsoir Claire. La taxe de séjour est calculée par personne et par nuitée selon le barème de la commune, taxes additionnelles comprises. Pour votre séjour, quatre personnes sur trois nuits, le montant est bien celui annoncé. Il est reversé à la collectivité, il ne fait pas partie du loyer.22:15
La question tombe la veille du départ, à 22 h 14. Elle demande un chiffre communal, pas une opinion.

La réponse juste tient en trois lignes. Elle suppose seulement que le barème de la commune soit écrit quelque part, à jour, accessible à qui répond. C'est exactement ce que fait une base de connaissances de logement bien tenue. C'est ce qui permet à Sentioo de répondre sans vous réveiller.

Trois façons de tenir ces réponses
  • CopiloteLa réponse est préparée avec le barème du logement. Vous relisez avant d'envoyer.
  • HybrideLes réponses factuelles partent seules. Ce qui touche à une autorisation ou à un litige remonte.
  • AutopiloteLa réponse part seule. Ce qui sort du cadre écrit remonte vers vous plutôt que d'être inventé.

Reste la question de fond, celle qui décide de la rentabilité avant toute considération de messagerie : combien de nuits pouvez-vous vendre, à quel coût de taxe. Ces deux chiffres sont communaux. Ils se lisent dans une délibération, pas dans un article général comme celui-ci.

Les treize villes déjà relevées

Chaque page ci-dessous porte le barème voté par la collectivité, ses taxes additionnelles, son plafond de nuitées puis son régime de changement d'usage, avec la date de la délibération. Aucune ne recopie l'autre, parce qu'aucune commune ne recopie sa voisine.

Bordeaux ajoute une additionnelle régionale de 34 % que presque personne n'annonce, puis autorise la location d'une chambre chez soi sans numéro d'enregistrement. Annecy est le seul cas sans aucune additionnelle, en échange d'une seule autorisation par propriétaire. La Rochelle a maintenu les 120 jours mais plafonne à trois autorisations temporaires. Biarritz relève d'un règlement commun à vingt-quatre communes du Pays Basque.

Lyon fait dépendre tout le régime de deux nombres, l'hypercentre puis 35 mètres carrés. Marseille est la seule à publier l'état de son parc, avec 80 % de demandes refusées. Nice porte un quota de 671 autorisations, actuellement suspendu par le juge des référés. Paris cumule trois additionnelles, soit 3,25 fois le barème voté.

Toulouse majore son barème de 44 % puis retire des boîtiers à clés du mobilier urbain. Lille vote le même tarif que Toulouse mais a supprimé toute dérogation à la compensation. Strasbourg exige que 80 % de la surface de l'immeuble reste du logement. Aix-en-Provence réserve son régime temporaire aux personnes physiques, avec un délai d'instruction d'un mois. Saint-Malo taxe les meublés non classés à 3 % au lieu de 5 %, contre un quota de 1 760 autorisations.

Le détail du cadre, texte par texte
Ce que « résidence principale » veut dire exactement
Un logement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. C'est la définition qui commande tout le reste : sous ce seuil d'occupation, le logement bascule dans le régime de la résidence secondaire, avec l'autorisation de changement d'usage qui va avec. La règle des huit mois n'est pas déclarative : les communes croisent les déclarations avec les données de plateformes.
Le plafond de jours et la seule façon de le connaître
Entre 90 et 120 jours par année civile selon la commune. La loi n° 2024-1039 a ouvert aux conseils municipaux la possibilité d'abaisser le plafond de 120 à 90 par délibération. Le chiffre applicable ne figure ni dans le code du tourisme ni sur les plateformes : il vit dans une délibération municipale, reprise sur le site de la mairie. C'est le premier chiffre à vérifier avant d'acheter.
Les 90 jours consécutifs, un plafond différent
Un même client ne peut pas occuper le logement plus de 90 jours consécutifs par année civile. Ce plafond est indépendant du précédent et il vise autre chose : empêcher qu'une location meublée de longue durée se déguise en meublé de tourisme. Un séjour d'étudiant ou de mission longue relève d'un autre bail, avec d'autres protections pour l'occupant.
Le numéro d'enregistrement n'est pas une autorisation
Treize caractères, obtenus immédiatement en ligne, à porter sur chaque annonce. Beaucoup d'hôtes le lisent comme un feu vert. Il ne l'est pas : dans les villes à changement d'usage, la délivrance du numéro ne préjuge en rien de la légalité de la location. Plusieurs mairies l'écrivent noir sur blanc sur leur téléservice, puis sanctionnent malgré tout.
Le barème de taxe de séjour se lit à la source
Le portail des délibérations de la direction générale des finances publiques rend, par commune, la date de la délibération, la collectivité qui perçoit, le tarif de chaque catégorie de classement, le taux applicable aux hébergements non classés et la liste des taxes additionnelles avec un simple oui ou non. C'est la seule source qui donne les deux moitiés du calcul au même endroit.
Le montant minimum de loyer, un seuil que personne ne cite
Certaines délibérations fixent un loyer minimum en dessous duquel la taxe n'est pas due, à la nuitée, à la semaine ou au mois. Les valeurs varient énormément d'une commune à l'autre, de zéro à plusieurs dizaines d'euros la nuitée. Sur des séjours longs à bas prix, c'est la différence entre une taxe due et une taxe non due.
Le tarif proportionnel des hébergements non classés
Faute d'étoiles, la taxe est un pourcentage du coût de la nuitée par personne, plafonné au tarif le plus élevé voté par la collectivité. La conséquence est mécanique : plus votre nuitée est chère, plus la taxe monte, jusqu'au plafond. Un classement en étoiles fige au contraire le montant, ce qui devient avantageux au-dessus d'un certain prix de nuitée.
Compensation et droits de commercialité
La compensation consiste à recréer du logement ailleurs pour remplacer celui que vous sortez du parc. Elle prend deux formes : transformer soi-même un local non résidentiel, sinon acheter des droits dits de commercialité à quelqu'un qui le fait. Ce second marché existe réellement, avec des prix au mètre carré. Il est le vrai coût d'entrée dans les villes les plus tendues.
L'autorisation temporaire et son horizon
Plusieurs règlements ouvrent une autorisation à durée limitée sans compensation. Les durées observées vont d'un an à neuf ans, parfois non reconductibles, souvent assorties d'un plafond du nombre d'autorisations par propriétaire. Le piège est financier : une autorisation de neuf ans non reconductible ne finance pas un achat sur vingt ans.
Le quota et la liste d'attente
Un quota fixe un nombre maximal d'autorisations sur un territoire ou un secteur. Au-delà, la demande est refusée et le demandeur rejoint une liste d'attente, en général classée par ordre chronologique de dépôt, avec une confirmation annuelle à ne pas oublier. Certaines communes n'ouvrent le dépôt que sur une fenêtre de quelques semaines par an.
La copropriété est devenue un obstacle réel
Depuis la loi n° 2024-1039, tout nouveau règlement de copropriété doit dire si la location meublée touristique est autorisée. Les règlements existants peuvent être modifiés pour l'interdire hors résidence principale, dans les copropriétés dont le règlement interdit déjà toute activité commerciale. Et celui qui s'enregistre doit en informer son syndic, qui inscrit un point à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale.
Le diagnostic de performance énergétique entre dans le dossier
Plusieurs règlements communaux exigent une étiquette comprise entre A et E au dépôt d'une demande de changement d'usage. C'est une condition d'éligibilité, pas une recommandation. Un logement classé F ou G se voit donc fermer la porte du meublé de tourisme dans ces villes, en plus des restrictions qui pèsent déjà sur la location à l'année.
Ce que le téléservice national va changer
L'ouverture est annoncée pour le quatrième trimestre 2026, sur le fondement de la loi n° 2024-449 et de deux décrets pris en 2026. Les informations relatives au meublé, numéro d'enregistrement, adresse, caractéristiques et nombre de jours loués, remonteront automatiquement. Le contrôle du plafond de jours cesse d'être déclaratif, ce qui vaut anticipation dès maintenant.
Pourquoi ce guide ne donne aucun chiffre communal
Parce qu'aucun chiffre communal n'est vrai plus de quelques mois. Parce qu'un chiffre faux sur une page réglementaire coûte plus cher qu'une absence de page. Le cadre national décrit ici est stable. Le barème, le plafond de jours, le quota et le périmètre de compensation se lisent commune par commune, à la source, avec une date de vérification.

Questions fréquentes

Peut-on louer sa résidence principale 120 jours partout en France ?

Non. Le plafond national se situe entre 90 et 120 jours par année civile selon la commune. Depuis la loi n° 2024-1039, une commune peut l'abaisser à 90 par délibération. Plusieurs grandes villes l'ont fait. Le chiffre se vérifie sur le site de la mairie ou de l'intercommunalité, jamais sur un comparatif.

Le tarif de taxe de séjour est-il le même dans toute la France ?

Non. Chaque collectivité vote son barème sous un plafond national, puis des taxes additionnelles s'y ajoutent ou non. Deux communes peuvent afficher le même tarif de base et facturer un montant final très différent. Le portail des délibérations de la direction générale des finances publiques donne les deux chiffres.

Un numéro d'enregistrement suffit-il pour louer un logement qui n'est pas ma résidence principale ?

Non, dans les communes qui ont institué le changement d'usage. Le numéro d'enregistrement est une formalité déclarative. L'autorisation de changement d'usage est une décision : elle peut être refusée, elle peut exiger une compensation, elle peut être contingentée. Les deux formalités sont cumulatives.

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