Taxe de séjour à Marseille : barème et règles 2026
Le seul barème resté sous le plafond national, le passage de 120 à 90 jours, la compensation dès le premier logement, les chiffres de l'observatoire.
·10 min
Marseille est la seule ville de cette vague dont le barème de taxe de séjour est resté sous le plafond national sur toutes ses lignes. C'est aussi celle qui publie le plus de chiffres sur son propre parc. Ces chiffres sont durs.
La taxe est perçue par la commune de Marseille, sur une délibération du 25/06/2018 toujours en vigueur.
Barème voté, commune de Marseille
Palace
4,00 €
5 étoiles
3,00 €
4 étoiles
2,25 €
3 étoiles
1,50 €
2 étoiles
0,90 €
1 étoile
0,75 €
Tarif par personne et par nuitée, hors taxes additionnelles. Chaque ligne est en dessous du maximum que la loi autorise, ce qui n'est le cas d'aucune autre commune de cette vague.
Le tarif des hébergements non classés est lui aussi plus bas qu'ailleurs : 4 % du coût de la nuitée par personne, quand la plupart des grandes villes retiennent les 5 % que la loi permet. Le plafond reste le tarif le plus élevé appliqué aux hébergements classés.
Deux majorations s'ajoutent. L'additionnelle départementale de 10 % au profit des Bouches-du-Rhône, puis l'additionnelle régionale de 34 % au profit de la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur. Le montant final vaut donc 1,44 fois le tarif voté, exactement comme à Bordeaux, pour un barème pourtant nettement plus bas.
La délibération date de 2018. Le barème national est revalorisé chaque année selon l'inflation. Une collectivité peut reprendre sa délibération avant le 1er juillet pour l'année suivante. Marseille ne l'a pas fait depuis huit ans : l'écart avec le plafond s'est donc creusé mécaniquement, sans décision nouvelle.
La Ville a abaissé de 120 à 90 jours par an la durée maximum pendant laquelle une résidence principale peut être louée à des touristes. C'est l'une des quatre mesures qu'elle présente comme son dispositif de régulation.
La sanction est chiffrée sans détour : en cas de dépassement du nombre de jours autorisé, une amende civile de 10 000 € est encourue par le loueur. Le mécanisme national qui autorise cet abaissement est décrit dans le cadre national.
Marseille a créé un observatoire pour suivre l'évolution du phénomène. Les chiffres qu'il publie donnent la mesure du sujet. Ils sont rares : peu de villes rendent public l'état de leur propre parc.
Indicateur
Valeur publiée
Logements loués en location saisonnière
près de 13 000
Progression annuelle
23 % par an
Demandes d'autorisation de changement d'usage
800
Part de ces demandes refusées
80 %
Logements estimés non en règle
6 220
Quatre demandes sur cinq sont refusées. Ce taux, rapproché des 6 220 logements estimés non en règle, dit l'essentiel : à Marseille, la question n'est pas de savoir combien coûte l'autorisation, elle est de savoir si vous l'obtiendrez.
Le règlement, demandé en conseil municipal puis adopté par le conseil métropolitain, n'autorise plus la location d'un meublé de tourisme en dehors de la résidence principale du loueur sans compensation. Il n'y a ni seuil de surface, ni franchise, ni régime allégé pour un premier bien.
Transformer un local d'un autre usage en habitation
La compensation consiste en la transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage que l'habitation. La Ville prend l'exemple d'un local commercial transformé en logement en location longue durée.
De manière concomitante
Le mot n'est pas décoratif. La transformation doit accompagner la demande, pas la suivre. Une compensation promise pour plus tard ne constitue pas un dossier.
Déposer au guichet unique
Le service des autorisations d'urbanisme reçoit les dossiers. Le suivi se fait ensuite en citant le numéro d'autorisation.
Deux mesures d'exécution distinguent Marseille. Elles se voient dans la rue.
La Ville a créé une brigade de contrôle dédiée aux annonces frauduleuses sur les plateformes ainsi qu'à celles qui ne respectent pas le règlement. Elle sillonne Noailles puis le Panier. Des courriers de mise en demeure sont envoyés aux propriétaires identifiés en infraction. Des dossiers sont constitués en vue de poursuites judiciaires.
La seconde mesure est la libération de l'espace public des boîtes à clés. Des opérations de dépose sont menées sur les boîtes illégalement placées sur le mobilier urbain.
Karim D.AirbnbArrivée ce soirAutopilote
Bonsoir, je suis devant l'immeuble mais je ne trouve pas la boîte à clés indiquée sur le poteau.22:03
Bonsoir Karim. La remise des clés se fait désormais par le boîtier fixé à l'intérieur du hall, à droite après la première porte. Le code est celui de votre message d'arrivée. Je reste en ligne le temps que vous entriez.22:04
La boîte à clés a disparu du mobilier urbain. La question arrive à 22 h, avec un voyageur devant la porte.
Ce message n'a rien de réglementaire. C'est précisément le point. Une décision municipale sur le mobilier urbain se transforme en question voyageur à 22 h. Tenir à jour les instructions d'arrivée dans la base de connaissances du logement est ce qui sépare une réponse en une minute d'un appel paniqué.
Le dispositif marseillais, en détail
Un barème figé depuis 2018
La délibération applicable date du 25/06/2018. Le barème national est revalorisé chaque année selon l'inflation, ce qui creuse l'écart entre le plafond légal et le tarif marseillais sans qu'aucune décision nouvelle soit prise. Une collectivité doit délibérer avant le 1er juillet pour appliquer un nouveau barème au 1er janvier suivant : la fenêtre existe chaque année, elle n'est simplement pas utilisée.
Le barème complet, campings compris
Palace 4,00 €, 5 étoiles 3,00 €, 4 étoiles 2,25 €, 3 étoiles 1,50 €, 2 étoiles 0,90 €, 1 étoile ainsi que chambres d'hôtes et auberges collectives 0,75 €. Campings 3 à 5 étoiles 0,55 € par tranche de vingt-quatre heures, campings 1 et 2 étoiles ainsi que ports de plaisance 0,20 €. Aucun montant minimum de loyer n'est fixé.
Le tarif proportionnel de 4 %, une exception
Là où la loi permet un taux compris entre 1 % et 5 %, Marseille retient 4 %. Les sept autres villes de cette vague ont toutes retenu 5 %. Sur un meublé non classé loué 120 € la nuit pour deux personnes, l'écart d'un point représente environ un euro et vingt centimes par nuitée avant additionnelles, soit un montant significatif sur une saison complète.
Les deux additionnelles et leur destination
10 % au profit du département des Bouches-du-Rhône, 34 % au profit de la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur. Cette dernière est l'un des trois établissements publics ferroviaires financés par une additionnelle régionale de 34 %, les deux autres étant le Grand Projet du Sud-Ouest puis la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan.
Le passage de 120 à 90 jours et sa sanction
La Ville a abaissé le plafond de location de la résidence principale de 120 à 90 jours par an. Le dépassement expose à une amende civile de 10 000 €. C'est l'une des quatre mesures du dispositif de régulation municipal, avec la compensation dès le premier logement, la brigade de contrôle puis la libération de l'espace public des boîtes à clés.
Les chiffres de l'observatoire, tels que publiés
Près de 13 000 logements loués en location saisonnière, une progression de 23 % par an, 800 demandes d'autorisation de changement d'usage dont 80 % refusées, enfin 6 220 logements estimés non en règle. Ces valeurs viennent de l'observatoire créé par la municipalité. Peu de villes publient l'état de leur parc avec ce niveau de détail.
Ce que 80 % de refus veut dire pour un projet
Le coût d'entrée réel n'est pas le prix de la compensation, il est la probabilité d'obtenir l'autorisation. Un plan de financement qui suppose l'autorisation acquise part d'une hypothèse démentie par les chiffres publiés. La question à poser avant l'acquisition n'est donc pas combien, mais sur quels dossiers reposent les 20 % acceptés.
La compensation concomitante, sans seuil
La transformation en habitation de locaux ayant un autre usage doit être concomitante à la demande. Il n'existe ni seuil de surface ni franchise pour un premier logement, contrairement au régime lyonnais qui distingue au-dessus et en dessous de 35 mètres carrés. Le régime marseillais est donc uniforme, ce qui le rend simple à comprendre et difficile à satisfaire.
La brigade de contrôle et ses quartiers
Une brigade dédiée aux annonces frauduleuses sur les plateformes ainsi qu'aux locations ne respectant pas le règlement. La Ville indique qu'elle sillonne Noailles puis le Panier, deux quartiers du centre à forte densité de meublés. Des courriers de mise en demeure sont envoyés, puis des dossiers sont constitués en vue de poursuites judiciaires.
Les boîtes à clés sur le mobilier urbain
La Ville mène des opérations de dépose des boîtes à clés illégalement placées sur le mobilier urbain. Pour un hôte, la conséquence est opérationnelle avant d'être juridique : une instruction d'arrivée qui désigne un poteau ou une barrière devient fausse du jour au lendemain, sans préavis. Le voyageur s'en aperçoit devant la porte.
Les dates des deux délibérations d'urbanisme
Le règlement a été demandé en conseil municipal le 12/12/2024, puis adopté par le conseil métropolitain d'Aix-Marseille-Provence le 27/02/2025, pour une entrée en vigueur au 29/04/2025. La taxe de séjour relève de la commune, l'autorisation de changement d'usage de la Métropole : deux collectivités, deux calendriers, un seul dossier pour l'hôte.
Le guichet et le suivi de dossier
Le dépôt se fait auprès du service des autorisations d'urbanisme, en guichet unique. Le suivi ultérieur se fait en mentionnant le numéro d'autorisation. Conserver ce numéro dès la première correspondance est un réflexe utile : c'est la seule clé d'accès à l'état d'un dossier, absente des échanges initiaux.
La déclaration de taxe de séjour reste due
La collecte par la plateforme ne dispense pas de la déclaration sur le portail de taxe de séjour de la Ville. Les deux gestes sont distincts, comme dans la plupart des collectivités. C'est la première cause de relance administrative pour un hôte marseillais, avant même les questions de changement d'usage.
Ce qu'il faut vérifier avant d'acheter à Marseille
Trois points. L'état du parc dans le quartier visé, puisque la brigade cible les zones denses du centre. La faisabilité concrète d'une compensation concomitante, puisque aucun seuil ne l'allège. Enfin l'usage envisagé, puisque sous 90 jours en résidence principale la totalité de ce dispositif ne s'applique pas.
Questions fréquentes
Quel est le tarif de la taxe de séjour à Marseille ?
La commune applique 4,00 € en palace, 3,00 € en 5 étoiles, 2,25 € en 4 étoiles, 1,50 € en 3 étoiles, 0,90 € en 2 étoiles puis 0,75 € en 1 étoile, par personne et par nuitée. Le tarif proportionnel des hébergements non classés est de 4 %, pas de 5 % comme ailleurs.
Marseille a-t-elle abaissé le plafond de nuitées en résidence principale ?
Oui. La Ville l'a abaissé de 120 à 90 jours par an. En cas de dépassement, une amende civile de 10 000 € est encourue par le loueur. Le plafond vaut pour la location de la résidence principale à des touristes, sur l'année civile.
Faut-il compenser pour louer un meublé de tourisme à Marseille ?
Oui, dès le premier logement hors résidence principale. Le règlement n'autorise plus la location d'un meublé de tourisme sans compensation, laquelle consiste en la transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage. Il n'existe pas de seuil de surface ni de franchise.
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