Taxe de séjour à Paris : le barème multiplié par 3,25
Trois taxes additionnelles portent le barème parisien à 3,25 fois le tarif voté. Puis 90 jours, deux autorisations distinctes et une amende à 100 000 euros.
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Le barème parisien de taxe de séjour est banal. Il est identique à celui de Bordeaux, de Lyon ou de Biarritz. Ce qui n'est banal nulle part ailleurs, ce sont les trois taxes additionnelles qui s'y empilent pour multiplier le montant final par 3,25.
La Ville de Paris perçoit la taxe, sur une délibération du 03/06/2025. Le barème voté est celui du plafond national : 4,90 € en palace, 3,60 € en 5 étoiles, 2,60 € en 4 étoiles, 1,70 € en 3 étoiles, 1,00 € en 2 étoiles, 0,80 € en 1 étoile. Les hébergements non classés relèvent du tarif proportionnel de 5 %.
Ce n'est pas là que se joue la facture.
Taxes additionnelles applicables à Paris
Île-de-France Mobilités
200 %
Société des grands projets
15 %
Département
10 %
Taux appliqués à la part principale de la taxe. Paris cumule les trois, ce qu'aucune autre commune de France ne fait. L'additionnelle régionale de 34 %, elle, ne s'applique pas en Île-de-France.
Cumulées, ces trois lignes portent le montant final à 3,25 fois le tarif voté. Une nuitée en meublé 3 étoiles passe de 1,70 € à 5,53 € par personne. Une nuitée en palace passe de 4,90 € à 15,93 €. À barème identique, Annecy facture exactement le tarif voté, sans aucune majoration.
Le montant minimum de loyer est de zéro à la nuitée comme à la semaine, de 100,00 € au mois. Autrement dit, la taxe est due dès le premier euro sur un séjour court. Le mécanisme de ces additionnelles est décrit dans le cadre national.
La Ville l'écrit en toutes lettres : vous pouvez louer votre résidence principale jusqu'à 90 jours par an maximum. La résidence principale est le logement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure.
Deux formalités seulement s'appliquent alors : enregistrer le meublé en ligne, ce qui rend immédiatement un numéro d'enregistrement à porter sur les annonces, puis acquitter la taxe de séjour.
La location d'une simple chambre au sein de la résidence principale du loueur ne nécessite ni autorisation ni déclaration préalable. L'exception ne vaut pas pour les logements utilisés comme chambres d'hôtes, qui relèvent d'un régime distinct. C'est la seule voie parisienne sans formalité.
C'est le point que la plupart des articles omettent. Il change tout pour une résidence secondaire. Paris exige deux procédures distinctes, dans cet ordre.
Autorisation de changement d'usage avec compensation
Le logement devient un hébergement hôtelier, donc il diminue l'offre locative pérenne. La compensation consiste à transformer en logement des locaux non dédiés à l'habitation, bureau ou commerce. Elle se demande via le téléservice de la Ville.
Changement de destination en hébergement hôtelier
Une seconde démarche, auprès de la direction de l'urbanisme. La Ville précise qu'elle est obligatoire avant tout enregistrement en meublé touristique. Elle relève du code de l'urbanisme, pas du code de la construction.
Enregistrement du meublé, puis taxe de séjour
Seulement ensuite. La location n'est possible qu'après la délivrance de l'ensemble des autorisations, dès le premier jour, contrairement au régime de la résidence principale.
Un local commercial ou artisanal relève d'un troisième régime, avec une autorisation préalable prise en application d'un règlement municipal dédié. Un bureau ou un garage relève d'un quatrième, avec un changement de destination.
Le règlement municipal sur les changements d'usage distingue un Secteur de Compensation Renforcée, dont le périmètre a été mis à jour par la délibération du Conseil de Paris des 11 au 14/02/2025. Cette révision l'a aligné sur le secteur de développement de l'habitation du plan local d'urbanisme bioclimatique, puis a mis à jour les pièces justificatives pour se conformer à la loi n° 2024-1039.
Le périmètre exact se lit sur le portail cartographique de la Ville, qui permet une recherche par adresse. Un second outil permet de consulter les autorisations de changement d'usage avec compensation délivrées depuis 1970, parcelle par parcelle, avec téléchargement d'une attestation. C'est un instrument de vérification préalable qu'aucune autre ville de cette vague ne publie.
Paris chiffre ses sanctions. L'écart entre les deux principales est considérable.
Manquement
Sanction
Louer sa résidence principale au-delà de 90 jours
Amende jusqu'à 10 000 € par année de dépassement
Louer une résidence secondaire sans changement d'usage
Amende jusqu'à 100 000 €, plus une astreinte de 1 000 € maximum par jour
Les contrôles sont menés par des agents assermentés du service municipal du logement, habilités à visiter tous locaux ainsi qu'à demander les documents établissant l'occupation des lieux. La Ville accepte par ailleurs les signalements de tiers, avec adresse, étage, nom du propriétaire puis lien de l'annonce.
Deux interdictions complètent le dispositif. La location meublée touristique est strictement interdite dans le parc social, sous peine de résiliation du bail. Enfin, un arrêté pris en 2025 interdit l'installation de boîtes à clés sur le mobilier urbain. Celles qui s'y trouvent sont retirées.
Marc et JulieAirbnbArrivée ce soirAutopilote
Bonsoir, la boîte à clés n'est plus sur le poteau indiqué dans les instructions. Comment on fait ?21:47
Bonsoir. Les boîtes à clés ne sont plus autorisées sur le mobilier urbain à Paris. La remise se fait désormais par le boîtier situé dans le hall, à gauche des boîtes aux lettres. Le code est celui de votre message d'arrivée. Je reste joignable le temps que vous entriez.21:48
La boîte à clés a été retirée du mobilier urbain. Le voyageur est devant la porte, il est 21 h 47.
Une décision d'arrêté municipal se transforme en question voyageur à 21 h 47, un soir d'arrivée. Le fait utile ici n'est pas juridique, c'est l'emplacement exact du nouveau boîtier. Il vit dans la base de connaissances du logement, pas dans un arrêté. C'est ce qui permet à la réponse de partir en une minute.
Le dispositif parisien, en détail
Le barème est le plafond national, sans plus
4,90 € en palace, 3,60 € en 5 étoiles, 2,60 € en 4 étoiles, 1,70 € en 3 étoiles, 1,00 € en 2 étoiles, 0,80 € en 1 étoile ainsi que chambres d'hôtes et auberges collectives. Campings 3 à 5 étoiles 0,60 €, campings 1 et 2 étoiles ainsi que ports de plaisance 0,20 €. Ce barème est strictement identique à celui de Bordeaux, de Lyon puis de Biarritz.
Les trois additionnelles et leurs bénéficiaires
10 % au profit du département, 15 % au profit de la Société des grands projets, 200 % au profit d'Île-de-France Mobilités. La quatrième additionnelle régionale existante, celle de 34 % qui finance trois lignes ferroviaires nouvelles, ne s'applique pas en Île-de-France. Paris est la seule commune de France à cumuler ces trois lignes.
Le multiplicateur de 3,25, en euros
Une nuitée 3 étoiles passe de 1,70 € à 5,53 € par personne. Une nuitée 4 étoiles passe de 2,60 € à 8,45 €. Une nuitée en palace passe de 4,90 € à 15,93 €. Sur un séjour de quatre personnes pendant trois nuits en 3 étoiles, la taxe atteint 66,36 €, soit un montant que le voyageur remarque et sur lequel il écrit.
Le tarif proportionnel des non classés
5 % du coût de la nuitée par personne, dans la limite du tarif le plus élevé appliqué aux hébergements classés. Le plafond joue vite sur un marché où les nuitées dépassent souvent 150 €. Une fois le plafond atteint, la taxe cesse de suivre le prix, ce qui rend l'arbitrage du classement en étoiles moins évident qu'il n'y paraît.
Le montant minimum de loyer, presque inexistant
Zéro à la nuitée, zéro à la semaine, 100,00 € au mois. La taxe est donc due dès le premier euro sur un séjour court. Le seuil mensuel n'exonère qu'un cas marginal, celui d'une occupation de longue durée à très bas loyer. Bordeaux Métropole, à l'inverse, exonère en dessous de 30 € la nuitée.
Les 90 jours et la définition de la résidence principale
Le logement doit être occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. Sous cette condition, la location est possible jusqu'à 90 jours par an, sur simple enregistrement en ligne. Le numéro d'enregistrement est délivré immédiatement, à porter sur toutes les annonces publiées.
La chambre dans sa résidence principale, sans formalité
La location d'une simple chambre au sein de la résidence principale du loueur ne nécessite ni autorisation ni déclaration préalable. L'exception s'arrête aux logements utilisés comme chambres d'hôtes, qui relèvent d'un régime propre. C'est la seule porte parisienne sans démarche administrative, très peu connue.
Deux procédures pour une résidence secondaire
L'autorisation de changement d'usage avec compensation relève du code de la construction et de l'habitation, la Ville la traite par téléservice. Le changement de destination en hébergement hôtelier relève du code de l'urbanisme, avec un dossier auprès de la direction de l'urbanisme. La Ville précise que la seconde est obligatoire avant tout enregistrement.
Le Secteur de Compensation Renforcée
Son périmètre a été mis à jour par la délibération du Conseil de Paris des 11 au 14/02/2025, pour tenir compte du nouveau secteur de développement de l'habitation du plan local d'urbanisme bioclimatique. La même délibération a mis à jour les pièces justificatives à fournir, afin de se conformer à la loi n° 2024-1039 sur la régulation des meublés de tourisme.
Deux outils cartographiques que Paris est seule à publier
Le premier permet de visualiser les zonages réglementaires du changement d'usage puis de rechercher par adresse. Le second permet de consulter les autorisations avec compensation délivrées depuis 1970, parcelle par parcelle, avec téléchargement d'une attestation. Cette attestation indique si des locaux de la parcelle ont déjà été autorisés ou offerts en compensation.
Les copropriétés peuvent désormais interdire
Depuis la loi n° 2024-1039, tout nouveau règlement de copropriété doit prévoir si la location meublée touristique est autorisée. Les règlements existants peuvent être modifiés pour l'interdire hors résidence principale, dans les copropriétés dont le règlement interdit déjà toute activité commerciale. Celui qui s'enregistre doit informer son syndic.
Le parc social est fermé, sans exception
La location meublée touristique est strictement interdite dans les logements du parc social. Le locataire s'expose à la résiliation du bail, en complément des sanctions pécuniaires. C'est l'une des rares interdictions absolues du dispositif parisien, sans dérogation possible ni régime temporaire.
Les boîtes à clés sur le mobilier urbain
Un arrêté pris en 2025 par la Maire de Paris interdit leur installation sur le mobilier urbain. En cas d'infraction, la boîte est retirée. Pour un hôte, la conséquence est immédiate : toute instruction d'arrivée désignant un poteau, une barrière ou un panneau devient fausse sans préavis. Le voyageur le découvre devant la porte.
Ce que la Ville contrôle, ce qu'elle ne contrôle pas
La Ville contrôle le respect des obligations administratives, numéro d'enregistrement puis autorisations préalables. Elle indique explicitement que les nuisances sonores, les dégradations ou les manquements au règlement de copropriété relèvent du droit privé, hors de sa compétence. Un signalement de voisinage sur ces motifs n'aboutira donc pas par cette voie.
Questions fréquentes
Pourquoi la taxe de séjour est-elle si élevée à Paris ?
Parce que trois taxes additionnelles s'ajoutent au barème voté par la Ville : 10 % pour le département, 15 % au profit de la Société des grands projets, 200 % au profit d'Île-de-France Mobilités. Le montant final vaut 3,25 fois le tarif publié, un cas unique en France.
Combien de jours peut-on louer sa résidence principale à Paris ?
90 jours par an au maximum. La Ville l'indique sans ambiguïté sur sa page dédiée. Le dépassement est sanctionné par une amende pouvant atteindre 10 000 euros par année de dépassement. La résidence principale est le logement occupé au moins huit mois par an.
Une seule autorisation suffit-elle pour louer une résidence secondaire à Paris ?
Non, il en faut deux. Une autorisation de changement d'usage avec compensation, puis un changement de destination du logement en hébergement hôtelier auprès de la direction de l'urbanisme. Cette seconde procédure est obligatoire avant tout enregistrement en meublé touristique.
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